Encourager la formation des femmes en Indre et Loire
Le nombre
de bénéficiaires de formation en région Centre est élevé et en progression
par rapport à la moyenne nationale. Pourtant, le nombre de femmes, en Indre
et Loire notamment, reste faible. Le comité VIVEA du département a donc
souhaité engager un plan d’action et mobiliser à cette occasion des
partenaires sur cette thématique. Il s’agit de susciter le besoin et l’envie
d’aller en formation en contribuant à la mise en place d’une offre de
formation adaptée et de permettre ainsi aux femmes de mieux préparer leur
avenir.
Un
faible taux d’accès des femmes à la formation
Un
diagnostic des besoins en compétences des contributeurs de la région Centre
pour faire face aux enjeux actuels et prévisibles de l'agriculture à moyen
terme a été réalisé. Le comité VIVEA d’Indre et Loire, présidé par Joël
Lion, a affiné et affirmé ses propres priorités. Le premier axe de travail
du comité concerne le développement de la formation des femmes. Le
département compte 6 344 contributeurs VIVEA, dont un tiers de femmes, elles
ont en effet 49,6 ans en moyenne (contre 45,3 ans pour les hommes). Au
niveau national le taux d’accès à la formation est de 11%, il est de 15,6%
pour les hommes en Indre et Loire et de seulement 8,1% pour les femmes.
Comment expliquer ce phénomène ?
Quatre freins ont été identifiés, la question de la disponibilité par
rapport aux enfants et les frais de remplacement ou de garde que cela
implique, la stratégie de recrutement des organismes de formation qui n’est
ni adaptée, ni incitative pour les femmes, la place de la femme dans
l’exploitation et les thèmes de formation proposés.
Permettre aux agricultrices
de trouver leur place
La
formation est pourtant un outil qui peut permettre aux femmes d’être
reconnues à l’intérieur et à l’extérieur de l’exploitation.
S’affirmer dans l’entreprise ça peut être gérer un nouvel atelier, créer une
nouvelle activité. S’affirmer à l’extérieur peut passer par la prise de
responsabilité dans les organisations professionnelles où il y a un réel
enjeu lié au renouvellement des responsables.
Comme le rappelait Maryse Mouru, vice-présidente du comité « le
travail des femmes dans les exploitations est resté souvent invisible. Leur
activité dans les fermes a longtemps été non reconnue et sans statut. Même
si d’importants progrès ont été réalisés (statut de conjoint
collaborateur), il n’en demeure pas moins que dans l’exploitation agricole,
l’agricultrice doit trouver sa place.
Développer la formation des femmes peut permettre de créer une dynamique
nouvelle, de créer des projets innovants, d’avoir une agriculture encore
plus ouverte. Nous pensons que l’avenir de l’agriculture départementale
passe en partie par un plus large accès des femmes à la formation. »
Des
pistes d’actions en partenariat
Le
développement de la formation passe par la construction de partenariats
forts entre les acteurs du monde agricole et de la formation, pour déboucher
sur des dispositifs de formation reproductibles.
C’est pourquoi le comité VIVEA a organisé une journée qui réunissait VIVEA
et ses partenaires afin de travailler sur les moyens de développer la
formation des femmes en Indre et Loire. Deux questions ont structuré la
réflexion : quelles actions mettre en place pour favoriser l’accès des
femmes à la formation et quelles sont les thématiques de formation à
développer ?
Plusieurs pistes d’actions ont été proposées : adapter les modalités de formation, les thèmes de formation et le recrutement. Il a aussi semblé important de travailler sur la place des femmes dans l’exploitation pour qu’elles aient des projets et qu’elles soient impliquées dans la stratégie de l’exploitation.
Un cahier des charges
Un cahier
des charges intitulé « développer la formation des femmes en Indre et
Loire » a été élaboré et diffusé par le comité. Les actions de formation
proposées devront permettre aux contributrices de :
- appréhender la globalité de l’entreprise ;
- identifier sa place dans l’entreprise ;
- identifier son projet personnel et professionnel ;
- identifier le potentiel de développement de l’entreprise ;
- s’impliquer dans les choix stratégiques ;
- contribuer au développement l’entreprise,
tout en répondant à trois axes de progrès :
- améliorer l’émergence des besoins et la prise en compte des demandes des contributrices ;
- favoriser l’accès à l’information sur les formations et améliorer le recrutement ;
- prendre en compte dans la formation les attentes individuelles des participants et leur expérience.