VERS LA MULTIPERFORMANCE, UN DISPOSITIF DE FORMATION INITIE PAR VIVEA EN ALSACE

 

Le comité VIVEA Alsace a souhaité faire évoluer l’offre de formation régionale afin qu’elle corresponde davantage aux besoins en compétences des chefs d’exploitation.

Les élus ont donc proposé aux organismes de formation de mettre en place des formations qui mesurent les impacts économiques des choix techniques réalisés ou qui combinent l’acquisition de compétences économiques, environnementales et/ou sociales.

Depuis le début d’année, 5 formations ont été proposées dans ce cadre. Les retours positifs des stagiaires et des formateurs sur ces nouvelles actions devraient permettre d’accentuer le développement de cette nouvelle offre dès l’automne.

Jean-Frédéric MARTIN

J.-F. Martin

Jean-Frédéric MARTIN

Exploitant agricole à Preuschdorf (67) et salarié d’une entreprise de matériel agricole, il a participé à une de ces formations et il témoigne :

Mes interrogations ….

J’exploite une surface de 30 ha en production céréalière et pratique le désherbage mécanique depuis le début des années 90 d’abord pour raison de santé. Aujourd’hui, je souhaite aller plus loin dans cette démarche et modifier mes méthodes de culture. Je me suis inscrit à la formation « Produire des céréales biologiques ? » proposée par la Chambre d’agriculture Alsace en partenariat avec l’OPABA pour obtenir des réponses à mes interrogations d’ordre technique, économique et sur les modes de commercialisation possibles.

J’y pensais depuis longtemps et un article paru dans la presse agricole régionale m’a décidé à sauter le pas.

La complexité des situations

Techniquement, je retiens qu’il n’existe pas de solution unique. Il faut prendre en compte l’histoire et le contexte de chaque exploitation, les conclusions ne sont pas toujours transférables d’une situation à l’autre et il faut être assez pointu techniquement sur les questions d’agronomie, la gestion des rotations ou la concurrence avec les mauvaises herbes. Il faut aussi pouvoir accepter d’éventuels échecs. La gestion administrative n’est pas non plus à négliger en raison des obligations de traçabilité et des contrôles.

Économiquement aussi, le contexte sera variable d’une entreprise à l’autre. La présentation faite au cours de la formation a intégré beaucoup d’exemples et nous a permis de réaliser différentes simulations à l’aide d’indicateurs de marge, de prix de vente et de rendements. Les modalités de commercialisation restent un élément sensible mais la participation de représentants d’une structure coopérative montre l’intérêt que ces organismes peuvent porter à ce type de démarches. L’approche était pointue, nous avons tous pu prendre conscience des éléments à suivre pour la réalisation de nos projets mais un accompagnement technique et une analyse socio-économique plus poussée seront encore nécessaires pour ceux qui veulent aller plus loin dans l’établissement d’un véritable compte de résultat prévisionnel.

Ma satisfaction

Pour moi, la formation a pleinement atteint ses objectifs. La durée de 2 jours, la taille du groupe et la diversité des situations représentées a permis des échanges d’expériences riches et de lever certaines de nos craintes qui n’étaient pas justifiées. L’organisation par séquences thématiques (modes de culture, commercialisation, comptabilité…) et les interventions successives de différents spécialistes ont facilité notre analyse. La visite d’une exploitation biologique en fin de programme était aussi très intéressante car elle nous a permis de confirmer certaines de nos conclusions et de compléter des points abordés comme la commercialisation ou la rentabilité de l’activité.

Cette formation m’a aussi aidé à nouer de nouveaux contacts, à développer mon réseau de connaissances et à pouvoir échanger directement avec des collègues qui me font bénéficier de leurs expériences. J’envisage de poursuivre ma démarche en participant à des journées techniques ou à des formations complémentaires.

Benoit GASSMANN

Ingénieur - Conseiller en agriculture biologique à la chambre d'agriculture d'Alsace a animé une formation

Répondre à une demande

Nous avons programmé cette formation car nous sentions sur le terrain des demandes d’exploitants pour aborder l’agriculture biologique, aussi bien sur le plan technique que sur la valorisation des produits et la rentabilité économique. Ces éléments sont généralement évoqués lors des entretiens individuels que nous proposons dans le cadre du pôle conversion (CAA-OPABA).

Réussir le pari de la conversion au bio

L’idée était de mettre en commun les craintes, les envies, les questions et proposer à travers le groupe une réflexion sur les difficultés et les solutions à mettre en œuvre pour réussir le pari du bio. Avec un nombre de stagiaires plus élevé que prévu, nous avons bien senti des idées germer, notamment autour de la valorisation des produits et de la nécessité d’organiser les filières (localement mais aussi régionalement).

Pour l’approche économique, chacun a pu évaluer les bouleversements qu’une conversion peut engendrer : nécessité éventuelle d’investir dans du stockage, du séchage, du matériel… mais aussi de mieux cerner les aides accessibles.

Le groupe souhaite se revoir pour refaire le point sur l’évolution des projets de chacun mais aussi pour voir davantage de cas concrets (visites d’exploitations, démonstration de matériels…).

Ajouté le 11/04/2016