VIVEA accompagne par la formation les agriculteurs engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique. Un colloque VIVEA le 18 novembre 2015

VIVEA C. Lambert

A quelques jours du démarrage de la COP 21, VIVEA se saisit de la problématique du changement climatique en agriculture et des solutions formation en réunissant à Paris des experts, des agriculteurs et des acteurs majeurs de la profession.

VIVEA C. Lambert

Réduire de 75 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 par rapport à 2010 est un défi considérable, pour la société française.  Les agricultrices et les agriculteurs ont un rôle stratégique à jouer mais n’ont pas tous conscience du réchauffement climatique, de ses effets et de la nécessité de s’adapter et d’agir pour réduire les émissions. Christiane LAMBERT, présidente de VIVEA : « Nous sommes conscients des enjeux et de l’urgence. Il nous reste à convaincre afin de continuer à modifier nos pratiques pour répondre aux défis de demain, former les agricultrices et les agriculteurs est un des moyens qui permettra d’y parvenir ».

VIVEA Soussana

Jean-François SOUSSANA, Directeur scientifique environnement à l’INRA et membre du GIEC (Groupe International d’Experts sur le Climat) a souligné l’urgence de la situation. Depuis la révolution industrielle, les activités humaines ont entrainé une augmentation exponentielle de la concentration atmosphérique des trois GES dont 24% proviennent aujourd’hui des secteurs de l’agriculture, de la forêt et de l’usage des sols. Pour les agriculteurs, le réchauffement climatique se traduit par un ralentissement de la croissance des rendements du blé et du maïs, des vagues de sècheresse et des canicules plus fréquentes. Un effort de recherche mondial sans précédent est en marche pour trouver des solutions techniques qui leur permettent de s’adapter et de lutter contre le réchauffement. L’INRA a identifié 10 mesures pour limiter l’impact de l’agriculture française. Celles-ci peuvent être mises en place sans baisser la performance économique des exploitations.

La première table ronde (voir photo) était consacrée à l’engagement de l’agriculture dans l’atténuation du réchauffement climatique et au rôle de la formation. Jérôme MOUSSET, chef du service agriculture et forêt de l’ADEME, a souligné qu’il n’était pas possible d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES fixés par les politiques publiques sans l’agriculture et la forêt, seuls secteurs capables de capter du carbone. Trois leviers peuvent être actionnés : mobiliser la biomasse forestière et agricole, préserver et stocker le carbone et réduire les GES des filières alimentaires.

André CASCAILH, Directeur adjoint à la chambre d’agriculture de Midi-Pyrénées, Philippe GUILLET, conseiller en agroforesterie et foresterie à la chambre d’agriculture de la Sarthe, Philippe MOINARD, agriculteur dans les Deux-Sèvres et Président de la commission emploi formation de la FNSEA et Stéphane SORIN, ingénieur et chef de projet à Terrena Innovation, ont témoigné de leur prise de conscience et de leur engagement dans la réduction des GES. De nombreux outils et actions ont été mis en place, très souvent avec l’ADEME, pour leur permettre d’y parvenir : Climagri, un outil de diagnostic et de simulation, une unité de méthanisation, l’agriculture biologique et l’agroforesterie... Il est nécessaire de faire comprendre aux agriculteurs que la contrainte environnementale peut être une opportunité qui leur permettra de mieux gagner leur vie. L’importance de la formation  pour accompagner ces changements de pratiques a été particulièrement soulignée.

La deuxième table ronde était consacrée aux acteurs qui agissent pour la réduction du réchauffement et accompagnent les agriculteurs. Philippe LECOUVEY, Directeur de l’ACTA, Vincent CAILLIEZ, climatologue à la chambre d’agriculture de la Creuse, Marie-Thérèse BONNEAU, agricultrice, membre de la commission interprofessionnelle lait de l’Institut de l’élevage, Cécile DANIEL-CLARYS, Directrice du développement des approvisionnements laitiers et coordinatrice du développement durable, Savencia Fromage and Dairy ainsi qu’Etienne GANGNERON, agriculteur, président de la commission agriculture biologique de la FNSEA ont fait part de leurs expériences. De l’avis de tous, de plus en plus d’agriculteurs constatent sur leurs exploitations que le réchauffement climatique est en cours. Ils commencent à prendre conscience du poids et du rôle de l’agriculture dans ce phénomène et à modifier leurs pratiques. Pour autant il faut poursuivre la sensibilisation et les encourager à se former pour repenser leurs systèmes d’exploitation, se réassurer et s’adapter. Leur faire savoir que, comme l’ont démontré les instituts, le profit économique va de pair avec le bénéfice écologique et énergétique est un préalable indispensable.

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